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Fiche du 10°BCP
Historique sommaire
Historique sommaire 1940 - 1942

Voici
le contenu intégral (fond et forme) du texte relatif au 10ème BCP, adressé par Julien Heuzé à son ami Gaston PIERRE, de Cerdon (Ain). Gaston PIERRE, à qui revint l’honneur de porter le FANION du 10ème B.C.P., est décédé en 2005.
Citation à l’ordre de l’Armée (1940) – Citations à l’ordre de la division ( 1939 et 1940) – Croix de Guerre 39-45 avec palme et deux étoiles d'argent – Médaille Militaire (1940) – Croix de Guerre T.O.E. - Chevalier de la Légion d’Honneur (1964).




Sur la photo: Le Sergent-chef PIERRE, ......, et le Commandant ELY (1942).
collection de Mathieu



  

 

HISTORIQUE SOMMAIRE DU 10ème BCP de Neuville-sur-Ain
De juillet 1940 au 28 novembre 1942
Par Julien Heuzé



Refrain : « Dixième Bataillon Commandant MAC MAHON
N’a pas peur du canon non de non »

1 – 10ème de NEUVILLE-sur-AIN

L’un des plus glorieux Bataillons de l’Armée d’Armistice, digne du 10ème de SAVERNE.

L’Armée d’Armistice ? Une Armée composée de VOLONTAIRES qui fut l’une des plus belles que la France ait connue, par sa tenue, son allure, sa discipline, sa motivation, sa détermination à vouloir CHASSER L’ENNEMI.
(Tous les thèmes de manœuvres avec plastrons en témoignent)
Ce fut l’embryon de la RESISTANCE du maquis de l’AIN et HAUT-JURA, des GLIERES, du VERCORS et de bien d’autres lieux non cités et pourtant,
TOUS aussi prestigieux.



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AMI entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines,
AMI entends-tu ! C’est l’Alarme…


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2 – LE DRAPEAU

La remise du 8ème DRAPEAU a eu lieu à BOURG-EN-BRESSE le 25 mai 1941, devant la Demi-Brigade :
. 1er B.C.P. Belley
. 2ème B.C.P. Jujurieux
. 10ème B.C.P. Neuville-sur-Ain
et des délégations de neuf autres Bataillons.
C’est au cours de cette
formidable cérémonie que la croix de Guerre 39-40 fut accrochée à la lance du Drapeau Général HUNTZINGER et que le colonel de GOUVELLO, commandant la Demi-Brigade, prononça une allocution historique, des plus musclées contre l’occupant.
C’était un vibrant appel à la Résistance. Il faut le SAVOIR.



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3 – VICHY

Il faut SAVOIR également que le 10ème a été désigné, en août 1942, pour assumer la garde du maréchal PETAIN à VICHY.
Une fin d’après-midi, revenant du stade de BELLERIVE (environs immédiats de Vichy), le Bataillon a défilé Compagnie par Compagnie successives, en bloc compact (colonne par six) à travers tout Vichy, en short (sur lequel était cousu un grand écusson tricolore imprimé d’un COR de couleur verte), torse nu, espadrilles, en chantant de toutes ses FORCES, depuis le stade : « LES ALLOBROGES », « Je te salue ô terre hospitalière… Où le malheur trouva protection, etc. », puis, passé le pont de BELLERIVE qui enjambe l’Allier, non loin de la résidence de LAVAL et approchant du centre ville :
« L’ALSACE ET LA LORRAINE »,
« VOUS N’AUREZ PAS L’ALSACE ET LA LORRAINE ET MALGRE VOUS, NOUS RESTERONS FRANÇAIS, etc. ».
C’était, ce fut la démonstration grandiose d’un acte de RESISTANCE sous les yeux de la Commission d’Armistice dont les membres ont peut-être applaudi le chant et l’allure comme l’ont fait généreusement toute la population et la surpopulation à cette époque de l’année.
Ce fut un GRAND JOUR pour le 10ème et pour son illustre Commandant qui fut immédiatement convoqué par le Maréchal lui-même, persuadé qu’il allait être arrêté, alors qu’il lui a remis la Francisque en lui donnant l’accolade.
Cet évènement, non prémédité, fut un véritable fait d’Armes et si le 10ème avait du être engagé à ce moment là, il aurait certainement pris sa revanche sur BLAREGNIES et l’ennemi, à son tour, aurait connu le prix du sang et des larmes.
Il faut SAVOIR aussi, que c’est à VICHY, devant le Fanion du Bataillon que le commandant ELY (grand blessé en 1940 et amputé du bras droit) ainsi que le commandant CARLIER (grand blessé lui-même) furent faits chacun et ensemble Commandeur de la Légion d’Honneur au cours d’une prise d’Armes exceptionnelle en l’honneur du 10ème et au cours de laquelle, fut relaté le combat de BLAREGNIES avec la lecture de la Citation du Bataillon à l’Ordre de l’Armée.



Ci-dessus, remise de la Croix de Guerre 39-40 avec PALME au Fanion tenu par le commandant CARLIER sous le regard ému du commandant ELY qui le recevra des mains de l’amiral DARLAN, Amiral de la Flotte. Cet instant solennel, fut la communion SACREE entre deux 10èmes dans un même ESPRIT DE « TOUJOURS FAIRE FACE ». Les cérémonies aux discours patriotiques exaltants, furent des moments extraordinaires.
Le Fanion était de nouveau en bonnes mains et les Chasseurs du 10ème de NEUVILLE-SUR-AIN étaient PRETS, s’il le fallait, à se sacrifier eux aussi, comme le firent héroïquement ceux de Saverne.



Le défilé qui a suivi était des plus décidés et la puissance de FEU du regard du Bataillon dans son « tête gauche » devant les autorités présentes en disait long…

NOVEMBRE 1942

Tentative de rejoindre l’AFRIQUE DU NORD.
Le 10ème fait mouvement par voie ferrée pour se rendre à TOULON où la FLOTTE est pratiquement sous pression. Dans notre esprit, c’était l’ESPOIR d’un embarquement pour rejoindre les Forces Françaises Libres (F.F.L.) et les Alliés qui, le 8 novembre, venaient de débarquer en Algérie et au Maroc, non sans résistance!
Notre cantonnement se situait dans un centre aéré du Var à CARQUERANNE, entre TOULON et Hyères.

ANECDOTE :
Au bout de quelques jours, voyant que l’ordre d’embarquement tardait et sur une indication, un sous-officier s’est rendu dans un « bistrot » du port pour prendre contact avec un pêcheur se disant « passeur ».
Ce jour là, d’après sa déclaration, trois places étaient disponibles à bord d’un sous-marin allié qui devait faire surface vers deux heures du matin.
Vers 22 heures, à trois sous-officiers de la 1ère Cie, (armés chacun d’un pistolet 7,65 L), nous nous sommes rendus à bord d’une barque de pêche et à la rame, assez loin en mer, à un point repéré par une bouée.
Après une longue attente, le sous-marin n’est pas apparu, nous sommes rentrés déçus et tout juste à temps pour le rassemblement du matin, complètement trempés et frigorifiés.
Nous avons voulu « FAIRE FACE » avec une parfaite inconscience, sachant que cette expédition était des plus hasardeuses. Viendra, viendra pas et puis tout à coup, était-ce un piège! A signaler que notre « guide » n’en menait pas large. L’histoire ne dira jamais ce qui a failli lui arriver…
Quelques jours après cette tentative, l’ordre de mouvement inverse que nous n’attendions pas est arrivé pour rejoindre notre garnison, le camp de Thol à Neuville-sur-Ain.
Au cours du transport, notre convoi croisait des trains entiers de blindés et de SS, nous leur faisions de la main, le signe V à l’envers, ils nous répondaient sans comprendre.
Le 27 novembre 1942, plutôt que de se rendre, la Flotte se saborda et ce fut pour NOUS une grande tristesse.

(
Ouvrons une parenthèse
Dans l’esprit des autorités de Vichy, où le Bataillon venait récemment de s’illustrer, il y avait peut-être la volonté de le soustraire à l’ennemi au moment où il envahissait la zone libre en le faisant embarquer pour aller renforcer l’armée d’Afrique qui venait d’avoir 2000 morts pour avoir voulu résister au débarquement des Alliés… alors que l’Amiral DARLAN se trouvait à Alger, au chevet de son fils malade et qui, après une entrevue avec le Général EISENHOWER changea de camp en se retournant contre l’AXE.
Est-ce lui qui aurait réclamé le 10ème, qu’il venait de décorer ?
Ce retournement de situation ne signifiait pas pour autant la fin du Régime de Vichy en Afrique u Nord où les troupes étaient commandées par le Général GIRAUD jusqu’au 1er octobre 1943.
Le 2 octobre, GIRAUD reconnaît la prééminence du Général de GAULLE, ce fut la date historique d’unification.
Quant à l’Amiral DARLAN, il fut assassiné le 24 décembre 1942, par Fernand Bonnier de la Chapelle, le mystère de ce complot reste entier.
… Fermons la parenthèse).


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4 – DISSOLUTION – RESISTANCE

Quel dommage que la dissolution de l’Armée d’Armistice, du 28 novembre 1942 ait cassé cette magnifique unité très au point, prête à « Faire Face », qui a su préparer des Hommes d’Action pour ce qui devait suivre, puisque chacun, hélas, a du se disperser pour AGIR ici où là, dans les diverses formations de la Résistance.
C’est ainsi qu’au Maquis de l’Ain, l’on trouve le Sous-Groupement Augé, effectif : 157 Hommes, aux ordres du Commandant Gaston GAMBIER, (ancien du 10ème) auquel appartenait la Compagnie SIDI-BRAHIM avec la devise: «
FAIRE FACE TOUJOURS ».

Unité créée avec les Armées Secrètes de NEUVILLE-SUR-AIN, SAINT-MARTIN-DU-MONT, PONCIN et les jeunes gens de la Région, qui, en exemple du 10ème, a su FAIRE FACE sur tous les Champs de Bataille, notamment :
Le 11 juillet 1944, à NEUVILLE-SUR-AIN, la Compagnie « SIDI BRAHIM », à cheval sur la Nle 84 est solidement installée sur les « Roches de Bosseron » en amont de PONCIN, ce rétrécissement est un VERROU qui condamne l’accès à CERDON, NANTUA, OYONNAX et au-delà. « Ici l’on ne passe pas ».
Cette courageuse UNITE, dans le cadre du sous-groupement Augé, livra bataille de 6 heures à 16 heures, en stoppant une colonne NAZIE forte de 2000 hommes épaulés par des blindés, de l’artillerie et de l’aviation allemande (dont un appareil fut détruit) les forçant à décrocher pour inaugurer leur retraite définitive de cette région encore meurtrie par leurs actions répressives et barbares. Tous les axes routiers accédant au HAUT-JURA, étaient solidement tenus par l’ensemble du MAQUIS de L’AIN sur pied de guerre, dont l’O.R.A. à Jasseron qui interdisait l’accès au Col de France par la Nle 436 avec un fort contingent du 10ème BCP, dont la Compagnie « L’EMPEREUR » aux ordres du Lieutenant ROIGT, à laquelle appartenait l’auteur du document. Cette unité a également repoussé une forte colonne de 500 hommes. L’écho des rafales dans la montagne faisait croire à la présence d’une soixantaine de F.M. installés en profondeur. Là encore l’on ne passait pas.
L’effectif du maquis de l’Ain était de 7300 hommes sous les ordres du Colonel ROMAND PETIT. 2400 hommes appartenaient au Groupement SUD, sous les ordres du colonel GIROUSSE, alias CHABOT (ancien du 10ème) dont dépendait le sous-groupement Augé commandé par le Commandant GAMBIER (ancien du 10ème) déjà cité.
D’après les déclarations du docteur VERNAUD, chirurgien à l’hôpital de BOURG-EN-BRESSE, les blessés Allemands et MONGOLS étaient tellement nombreux qu’il ne pu en recevoir qu’une partie, les autres furent évacués sur LYON et MACON.
Ce fut la revanche de BLAREGNIES sur le territoire du 10ème, à Neuville-sur-Ain. IRONIE DU SORT.
Cette journée particulièrement sanglante fut un épisode important pour la Compagnie SIDI-BRAHIM qui, avec des moyens précaires et sa détermination à VAINCRE, poursuivit l’ennemi en le devançant dans sa retraite sur tous les axes routiers : nationales 6, 75 et 84, mettant hors de combat de nombreux véhicules d’où sortaient ou ne sortaient pas, leurs occupants.
Ceux qui ont eu cette « chance » étaient complètement effarés d’avoir devant eux de jeunes FRANÇAIS aussi vaillants que mal armés.
Cette Compagnie « SIDI-BRAHIM » digne des traditions chasseurs, a TOUJOURS SU FAIRE FACE avec un moral superbe et une volonté de combattre qui sont l’honneur des troupes d’élite.
Après avoir honoré ses MORTS, elle fut dissoute en 1945, une partie des cadres et des hommes furent démobilisés, l’autre partie rejoignit la 27ème Division Alpine à Briançon.

«
OÙ JE MEURS RENAIT LA PATRIE »
Telle est l’inscription qui figure sur l’imposant monument aux Morts de la Résistance, au VAL D’ENFER à CERDON, non loin de BOSSERON (à 8 km à l’est de Neuville-sur-Ain, sur la Nle 84). A son pied repose un MAQUISARD INCONNU, à proximité duquel sont alignées les nombreuses tombes de ses camarades connus et inconnus.

«
QUE LEUR GLOIRE SOIT LEUR SOLEIL ».

Ce haut-lieu de la RESISTANCE dont la première pierre fut posée par le GENERAL KOENIG, vainqueur à BIR-HAKEIM, a été inauguré par le GENERAL de GAULLE.

«
Jeunesse n’oublie pas qu’ils avaient ton âge, ceux qui tombèrent pour que tu naisses libre. Et n’oublie pas que la LIBERTE jamais ne mourra tant qu’il y aura des hommes, des Hommes capables de mourir pour ELLE ». MAURICE DRUON

Quant au Commandant ELY, dès la dissolution de son BATAILLON, il a aussitôt rejoint le Général de GAULLE à LONDRES et un peu plus tard, madame ELY fut arrêtée par un groupe de miliciens dans sa résidence de BOSSERON, à Neuville-sur-Ain, là, précisément où a eu lieu la bataille décrite, coïncidence ou fatalité, Madame ELY fut vengée.
Déportée à AUSCHWITZ, Madame ELY est revenue complètement décharnée.


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5 – APRES LE DEBARQUEMENT 1944 – 45

Le Général ELY, chef de l’O.R.A. (Organisation Résistance Armée) se trouve de nouveau en France, à PARIS, où il assume de hautes fonctions au sein de l’Armée de Libération, puis au Ministère de la Défense où par la suite, il est successivement nommé :
1° Commandant en CHEF en INDOCHINE où il retrouve le 10ème B.C.P. Parachutistes, un autre style, avec un même esprit et une même devise « FAIRE FACE TOUJOURS ».
2° CHEF d’ETAT MAJOR GENERAL DES ARMEES. Médaille Militaire. Un très Grand Soldat, qui, comme MC MAHON, n’a pas eu peur du canon.
Tel a été le profil sommaire du 10ème de l’Armée d’Armistice avec l’un de ses prolongements dans la Résistance avec l’O.R.A. et la brillante carrière de son CHEF : le Général d’armée Paul ELY, un Exemple de l’Exemple.

Signé
Julien Heuzé
Chevalier de la Légion d’Honneur – Médaillé Militaire – Officier de l’Ordre National du Mérite – croix de Guerre 39-45, T.O.E., Valeur Militaire – Huit citations dont une à l’ordre de la Défense Nationale du Cambodge.

Destinataires :
Archives du 10ème Bataillon de Chasseurs 67700 Saverne
Archives des armées Paris.



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ANNEXES.



A - Le Sixième DRAPEAU des Chasseurs 1880 – 1925

Il fut celui de nos anciens de 1914-1918. En 1901, il fut confié au 10ème qui, avec celui du 24ème, avaient enlevé chacun à Solferino un Drapeau à l’ennemi Autrichien. Puis, en 1902, il fut remis au 26ème et resta au Gouvernement Militaire de Paris jusqu’en 1913.
Le 16 novembre 1913, le DRAPEAU est de nouveau remis au 10ème en garnison à Saint Dié. En 1914, il reçoit l’inscription supplémentaire « Maroc 1912-1914 ».
En juillet 1915, il quitte le 10ème pour le 24ème. En 1920, son état de vétusté n’avait pas permis d’y porter l’inscription « GRANDE GUERRE 1914-1918 », huitième inscription à lui être accordée.
Il fut officiellement remis le 14 janvier 1926 par le Maréchal FRANCHET D’ESPEREY (ancien du 18ème) au Gouverneur des Invalides.



B – Le Septième DRAPEAU des CHASSEURS 1925 – 1941

Il fut remis le 1er août 1926 au 10ème à Saverne jusqu’au 3 août 1929.
Le 5 août 1936, il fut de nouveau remis au 10ème de Saverne, à HAGUENAU jusqu’au 8 août 1937 où il fut passé au 24ème et de Bataillon en Bataillons jusqu’au 23 avril 1941.
Il quitte LIMOGES pour CHAMBERY, ANNECY, GRENOBLE, BOURG-EN-BRESSE.
Vu son état de délabrement (le reste de son étoffe était contenu dans un filet tricolore), il est décidé, pour célébrer le centenaire du Drapeau, de le remplacer par un neuf, offert par les Anciens Chasseurs.

C – Le Huitième DRAPEAU des CHASSEURS 1941 - …

Il fut remis, le 25 mai 1941 au 16ème Bataillon à BOURG-EN-BRESSE en présence du 10ème de Neuville-sur-Ain (comme déjà mentionné).
Le 23 août 1942, il fut confié au 27ème à ANNECY en provenance du 25ème.
Le Colonel, commandant le 27ème B.C.A. a conclu sa pathétique allocution en ces termes :
« Dieu fasse que ce Huitième DRAPEAU des CHASSEURS, héritier de tant de GLOIRES, flotte bientôt à leur tête sur les terres dont ils sont aujourd’hui exilés ».
Cet acte de Foi et d’Espérance prononcé, non sans émotion, était un autre appel à la Résistance.
C’était l’écho de BLAREGNIES où nos camarades se firent tuer aux accents de la SIDI-BRAHIM entonnée par leur CHEF, le Commandant CARLIER, c’était VOULOIR PROUVER à nos pères de 1914-1918 que leurs fils étaient dignes de leurs sacrifices en préférant mourir plutôt que de faillir à la devise.
C’est au moment où tout craque autour de soi que l’on mesure le mieux les âmes fortes et les corps d’élite.
Pour la Libération de la France, en Indochine, au Maroc, en Algérie et encore ailleurs, les CHASSEURS ont TOUJOURS su FAIRE FACE avec une exceptionnelle BRAVOURE.


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NOTE HISTORIQUE

Le Sergent GARNIER du 10ème Bataillon de Chasseurs à Pied fut promu Chevalier de la Légion d’Honneur pour avoir conquis le 24 juin 1859, à la Bataille de Solferino, le Drapeau Autrichien du Bataillon de Grenadiers du « Infanterie Regiment Prinz Gustav Von Wassa n° 60.
Ce fait d’armes a valu, au 1er Drapeau des Bataillons de Chasseurs la Croix de la Légion d’Honneur.



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Pensée affective de l’Auteur concernant le 10ème de SAVERNE

A tous les Officiers, Sous-Officiers et Chasseurs de Réserve du 10ème B.C.P., à SAVERNE.

Le Général
Michel GOUSSAULT, qui commanda la 6ème Brigade Mécanisée à SRASBOURG de 1961 à 1964 était un grand Ami de feu, Paul REISER, Président des Diables Bleus de STRASBOURG et en relation soutenue avec les Anciens du 10ème de Saverne. L’Armée Française lui doit, entre autres, la Notice d’Emploi des Hélicoptères dans la lutte contre les Chars. Ayant vécu l’enfer de BLAREIGNIES aux côtés du Commandant CARLIER, il savait ce que représentait le Sacré du Chant de Gloire des Chasseurs : la Sidi-Brahim. Ancien Commandant du 5ème G.C.P. à RASTATT, il n’a jamais cessé de prouver son profond attachement aux Jeunes et Anciens CHASSEURS, ainsi qu’à l’ALSACE qu’il a tant aimé.
Signé
Julien Heuzé qui fut son Chef de Cabinet et Chef de Corps de la 406ème Compagnie de Q.G.


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Julien Heuzé,

Alors Sergent Instructeur au Peloton de Sous-Officiers,
- Cité à l’ordre de l’Armée en 1940,
- Croix de Guerre avec Palme,
- Médaille des Evadés,
- préparait le B.C.S.,
et qui, au soir du 28 novembre 1942, à la barbe de l’occupant embarqua l’armement d’une partie de sa section, dans une voiturette 35 tirée par trois Chasseurs Alsaciens, du camp de THOL à Neuville-sur-Ain (le Haut) distante de 4 km, sur un itinéraire à haut risque où patrouillait déjà l’ennemi, pour le camoufler en vue de s’en servir le moment venu.
S’est fait inscrire Volontaire de la Résistance auprès d’un Officier du Bataillon sur la liste de l’Organisation Résistance Armée (O.R.A.) fin décembre 1942, au cours du dernier arbre de Noël du 10ème de Neuville-sur-Ain.

Tous les faits relatés, sont certifiés exacts.
Signé
G. GAMBIER

Le Commandant G. GAMBIER:
- Officier de la Légion d’Honneur,
- Croix de Guerre 39-45, TOE, valeur Militaire,
- Cinq citations,
- Médaille de la Résistance,
- Médaille des Evadés,
- Croix du Combattant et du Combattant Volontaire de la Résistance, etc.






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Pour info:
Brouillon de l'accusé de réception de Gaston PIERRE adressé à son ami Julien HEUZE:



 

 

Citation:
Il faut SAVOIR aussi, que c’est à VICHY, devant le Fanion du Bataillon que le commandant ELY (grand blessé en 1940 et amputé du bras droit) ainsi que le commandant CARLIER (grand blessé lui-même) furent faits chacun et ensemble Commandeur de la Légion d’Honneur au cours d’une prise d’Armes exceptionnelle en l’honneur du 10ème


On comprend mieux pourquoi le Commandant ELY serre la main gauche....

 

Je remercie vivement Mr Jacques MERLIN pour ces superbes documents.

 

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