En 1899, furent mises sur pied, à titre d'essai, des unités provisoires de Chasseurs se déplaçant à bicyclette.
En
1903, à la suite de cette expérience, des compagnies cyclistes de
Chasseurs furent créées. Elles constituaient la 6e compagnie des 2e,
4e, 9e, 18e, 25e, BCP. Elles étaient dotées de la bicyclette pliante «
Gérard » spécialement adaptée à un usage militaire.
En 1913, on
créa 10 groupes de chasseurs cyclistes rattachés aux divisions de
Cavalerie. Ils conservèrent leur tenue bleue et l'écusson des
bataillons dont ils étaient issus : Premier, 2e, 4e, 13e, 15e, 18e,
19e, 25e, 26e, 29e.
Quatre d'entre eux furent dissous au cours
de la Grande Guerre. Cinq reçurent la fourragère aux couleurs de la
Croix de Guerre. Le 2e Groupe fut dissous en 1923 et les cinq derniers
disparurent le 5 mai 1929.
 Collection Michel CHANTRIAUX
Les
inscriptions rappelant les combats où ces unités s'étaient
particulièrement distinguées furent ajoutées aux étendards des
bataillons de Dragons portés qui leur succédèrent dans l'organisation
des Divisions de Cavalerie :
- "Champagne 1918" sur les
étendards des Premier, 2e, 3e BDP rappelant les citations à l'ordre de
l'Armée des Premier, 3e et 5e GCC, - "Avre 1918" à l'étendard du 4e BDP (4e GCC), - "Vosges 1915" l'étendard du 5e BDP (6e GCC).
Ces
régiments de Dragons portés reçurent, à titre d'héritage, les citations
de la Guerre 1914-1918 des Groupes de Chasseurs Cyclistes auxquels ils
succédaient, ainsi que le droit de porter les fourragères qui y étaient
attachées.
La bicyclette pliante « Gérard »
La
bicyclette pliée, conçue par le lieutenant Gérard, pèse 17 kg. Le
diamètre des roues est de 65 cm, le pédalier principal est muni de 23
dents, celui arrière de 9 dents ce qui permet un développement de 5,5
m. Sa hauteur est de 0,75 m et sa longueur 1,5 m. Cette hauteur,
adaptable, permet au chasseur cycliste, en cas de mauvaise surprise, de
poser les pieds au sol et de faire feu sans descendre de machine.
En
1894, le ministère de la guerre autorise l’achat de 120 de ces
bicyclettes. Ces dernières sont toutes montées sur pneumatiques
Michelin suite aux dures expériences auxquelles ont été soumises les
machines à l’Ecole Militaire de Joinville. En effet ce pneumatique
possède des atouts majeurs : une vitesse supérieure, le silence et
épargne les trépidations au contraire des caoutchoucs creux. La
commission de vélocipédie de l’armée avait fixé le parcours d’essai de
ces vélos à la distance de 3600 km. Tous les 25 km, les machines
étaient pliées (15 secondes), mises à dos de l’homme (15 secondes) puis
remontées.
En 1910, la pliante passe à 16 kg nue et 18,5 kg avec
paquetage (collet, gamelle, nécessaire de réparation). C’est encore 3
kg de plus que le fantassin équipé. L’objectif demeure donc
l’allégement de la machine.
 Collection Yvick Herniou, Mémorail des Chasseurs, à Vincennes
En
1914, les chasseurs cyclistes perçoivent la pliante « Gérard », ramenée
au poids de 13 kg. Equipés ainsi, les cyclistes ont une vitesse moyenne
de 10 à 12 km à l’heure. Ils sont capables de parcourir des étapes
d’une moyenne de 60 (le minimum) à 100 km.
Les accidents les
plus fréquents sont les crevaisons. Le chasseur accidenté sort la pièce
de rechange, lorsqu’il la transporte, ou en fait la demande. Le
mécanicien le rejoint et effectue la réparation. Ceci fait, tous deux
rejoignent alors la colonne qui a poursuivi sa route.
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